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Le plaisir esthétique relève-t-il de la sensibilité?, Ph. TOUCHET

Le plaisir esthétique tient-il à l’accord des sensibilités ? Cette question doit- être prise très au sérieux, car elle explique les débats aporétiques entre les objectivistes et les subjectivistes en matière de plaisir esthétique : tout se passe comme si les causes du plaisir esthétique ne pouvaient se trouver respectivement que dans deux instances contraires : soit l’objet, c’est-à-dire l’œuvre elle-même. Mais dès lors qu’est ce qui dans l’œuvre rend raison de l’unité des sensibilités, voire de leur universalité ? Comment un phénomène (auquel se rapporte toute expérience de l’œuvre) peut-il contenir objectivement une cause universelle de plaisir ? Comment un phénomène, devenant plus qu’un phénomène, peut-il devenir l’équivalent d’une chose sensible ? Soit, dans l’unité des sujets : mais dès lors, comment rendre raison de l’entente des subjectivités, sinon par la supposition d’un sens commun, dont les racines sont dans la culture ou dans l’éducation du goût ? Le plaisir esthétique peut-il être placé dans la rencontre sensible des subjectivités, ou dans l’objectivité d’une œuvre ?