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II. Le paysage, pour une lecture phénoménologique du paysage, Evelyne OLEON

Invités: 
Evelyne OLÉON
Date de parution: 
05/02/2015
Résumé de la conférence: 

On peut, pour penser le paysage, partir d’un double constat : d’une part le regain d’intérêt pour le paysage aujourd’hui qui n’est pas seulement une mode comme en témoigne la multitude d’ouvrages et de colloques autour du paysage qui ont vu le jour  depuis les années 80 et d’autre part l’interdisciplinarité que semble exiger une réflexion sur la notion. Le paysage est au cœur de la réflexion de disciplines mais aussi de pratiques les plus diverses : l’histoire des arts et les pratiques artistiques, les sciences sociales, la géographie, l’histoire, l’écologie, les politiques territoriales qui s’engagent dans la protection des paysages patrimoniaux. Il semble impossible aujourd’hui de faire l’économie de cette pluridisciplinarité quand on réfléchit au paysage. Pourtant le paysage désigne-t-il la même réalité pour le géographe, l’artiste, le responsable politique, l’historien d’art ?
 On s’efforcera de chercher une unité de sens à la notion en distinguant le paysage non seulement du pays mais encore de l’environnement, de la vue, du panorama. On rappellera l’origine récente du terme au 16ème siècle – aussi bien dans les langues du nord landschaft, landscape que dans les langues latines paysage, paesaggio – au moment même où l’art découvre la peinture de paysage. On s’interrogera sur les conditions de possibilité de cette naissance qui semblent attester de la prédominance du paradigme artistique sur la notion : le paysage est le fruit d’une artialisation de la nature selon la thèse d’Alain Roger.
 Pourtant si le paysage intéresse le philosophe c’est aussi et d’abord parce qu’il engage le rapport de la conscience au monde, la manière dont la conscience a de se projeter dans le monde et de l’habiter. «  Un paysage quelconque est un état d’âme » disait Amiel. On l’entendra dans le double sens d’un retentissement de l’affectivité du sujet sur le monde et d’un retentissement du monde sur le sujet. On évoquera alors la Stimmung du paysage – Georg Simmel – L’analyse phénoménologique conduira à réfléchir à la perception. Le paysage apparaitra comme cette donnée de « la foi perceptive » dont parle Merleau-Ponty, qui précède le savoir sur le monde et les dualités : sujet-objet, homme-nature, nature-culture, sensible-intelligible. « Il y a paysage quand le perceptif se révèle en même temps affectif »  dit le sinologue François Jullien. Cela nous conduira à ne pas limiter la perception du paysage au visuel, on envisagera aussi le paysage sonore. Mais il faudra encore interroger la tradition asiatique : La Chine a «  inventé » le paysage bien avant l’Occident. Le premier traité du paysage y date du 4ème siècle. On verra que « la pensée paysagère »  aujourd’hui fait retour à l’Asie, la Chine ou le Japon (François Jullien ; Augustin Berque). Enfin, parce qu’un paysage est aussi affectif, en lui se noue le rapport existentiel du sujet au monde. Par quoi une réflexion sur le paysage pourrait s’enrichir aussi d’une lecture psychanalytique.

Lieu de la conférence: 
Rome
Etablissement: 
Lycée Chateaubriand de Rome

Cours interactif de philosophie diffusé en visioconférence le 05 février 2015 depuis le Lycée Jean-Pierre Vernant de Sèvres dans le cadre du Projet Europe, Éducation, École : http://www.projet-eee.eu/
Dossier pédagogique : http://lyc-sevres.ac-versailles.fr/eee.14-15.docs/paysage_evelyne_oleon.pdf
Programme 2014-2015 : http://www.coin-philo.net/eee.14-15.prog.php

Projet E.E.E. sur Facebook : http://fr-fr.facebook.com/pages/Europe-Education-Ecole/203833816638?v=wa...

Auteur : avatarprojeteee
Tags : Esthétique Philosophie Peinture Phenoménologie
Envoyé : 16 février 2015
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